Feilleton de l'été

Histoire d’un petit village de montagne qui voulait devenir grand (1).

C’était un tout petit village que l’on atteignait après une longue et tortueuse montée le long d’une gorge profonde. Mais une fois passée la dure montée, on se trouvait sur un large plateau, façonné par une rivière à l’allure débonnaire, mais qui savait quelquefois se montrer très sévère avec quiconque ne la respecterait pas. Le village s’étalait sur les deux côtés de cette rivière qui recevait l’appui de quelques torrents qui dévalaient des montagnes environnantes. Nul doute que ce village qui s’étalait hardiment de tout côté, colonisant la montagne, ne pouvait devoir son existence qu’à des moines précurseurs des temps anciens.

A suivre…

Histoire d’un petit village de montagne qui voulait devenir grand (2).

Les années passèrent et ce beau petit village poursuivit son développement dans un environnement harmonieux. Il y eu bien des querelles de amitiés qui se firent et se défèrent, mais globalement y vivre y était-on ne peut plus agréable. Le rythme des saisons renforça l’esprit d’entreprendre des habitants qui s’investirent dans les corps de métiers orientés vers l’autonomie et la préservation des savoirs faire ancestraux. Les hameaux se développèrent et s’affirmèrent autour d’un centre de village, de sa mairie et de son église. Mais revers de la médaille, des forêts de poteaux et pylônes émergèrent pour faire glisser quelques étrangers (dans ce village on disait parisiens) sur la neige en hiver. Mais peu importe le paysage puisque certains peuvent en tirer un bon profit.

A suivre…

Histoire d’un petit village de montagne qui voulait devenir grand (3).

Malgré l’apparence trompeuse d’un village idyllique, la vie était rude et façonnait les corps et les esprits. Une vache, une chèvre, un cochon assuraient, pour l’essentiel, un minimum vital. Il y avait de l’ouvrage entre endiguer les torrents dévastateurs de printemps et entretenir les prairies. Les enfants arrivaient régulièrement sans crier gare. Ainsi se caractérisait une démographie galopante et mal contrôlée. Mais le but était atteint, la main d’œuvre ne manquait pas et les vieux étaient assurés d’une fin de vie paisible. Et puis il y avait pour les jeunes audacieux, la possibilité de se lancer sur les routes pour jouer les colporteurs. Ainsi naquit la légende du petit ramoneur savoyard.

A suivre…

Histoire d’un petit village de montagne qui voulait devenir grand (4).

Au cours du temps, les voies de communications s’améliorèrent, désenclavant le village. Même si le grégarisme subsistât, un souffle aussi puissant qu’une bise noire balaya de l’isolement le laisser-aller à l’immobilisme. Ainsi se développa ce village, comme tant d’autres, souvent sous l’autorité des femmes lorsque les hommes étaient enrôlés dans des armées peu soucieuses de leur vie. Il arriva aussi des épisodes météorologiques extrêmes qui marquèrent durablement le caractère montagnard de ces hommes et ces femmes. Routes emportées, champs dévastés…Mais toujours la solidarité fît renaître la vie et notamment la vie pastorale.

A suivre…

Histoire d’un petit village de montagne qui voulait devenir grand (5).

Tout n’était pas rose. Les seigneurs ont longtemps asservi les habitants, puis ce fut le rôle des moines et des fermiers généraux qui prélevaient de lourds impôts. Les villages passèrent quelques fois d’un pays à l’autre, sans nécessairement le savoir. Heureusement, les savoyards, (car c’est d’eux qu’il s’agit) surent ruser pour survivre à tous ces tourments. Les chemins escarpés de montagne furent mis à profit pour une activité dangereuse mais lucrative : la contrebande. Quant à l’impôt, pour en diminuer l’impact, naquis le reblochon, fromage de ce terroir dont pourrait bien faire partie ce village.

A suivre…

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