Tous confiné-es

Papijac
Papijac

le 20/04/2020 à 18:24 Citer ce message

Réflexion d’un confiné. (avec un é et pas un i)
Nous faisons actuellement l’expérience plus ou moins douloureuse du confinement. Certes, à Entremont, nous vivons dans un cadre qui permet de mieux supporter le confinement que ceux qui vivent avec des enfants dans un appartement de 60 m2 et dans une grande ville. Mais je voudrais attirer l’attention de celles et ceux qui souffrent de ce confinement d’une autre façon.
Mettons-nous à la place des pucerons. Ces insectes, de la super famille des aphididés de l’ordre des hémiptères existent depuis 200 millions d’années en mode confiné. Nous pouvons les observer sur les tiges de nos rosiers ou autres végétaux comme la vigne sur laquelle ils y ont développé le phylloxera. Ils ou plutôt elles, comme nous le verrons par la suite, restent ainsi confinées toute la période estivale du printemps jusqu’à l’automne. Chacune et chacun d’entre nous a pu constater que ces bestioles sont aptères, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas d’aile. Par conséquent, elles sont condamnées à demeurer sur leur branche. Pourquoi sont-elles aussi nombreuses sur un même bout de tige sans pouvoir aller ailleurs ?
Qualité essentielle, ce sont des femelles qui plus est n’ont nul besoin de mâles pour se reproduire et du coup elle peuvent engendrer une descendance de centaines de clones qui se reproduisent aussi de la même manière, c’est pourquoi il y en a tant. Mais, me direz-vous, il va y avoir un moment où elles seront trop nombreuses, surtout si les coccinelles ne sont pas assez actives. La supériorité féminine puceronne se manifeste là de façon extraordinaire ! Au lieu de continuer leurs clonages, elles génèrent un mâle (eh oui, c’est ça la parthénogenèse vivipare !) qui lui, a des ailes et va donc pouvoir aller coloniser une autre branche vierge. Celui-ci créera des femelles qui cloneront des centaines d’elles-mêmes et ainsi de suite de façon exponentielle. Et le cycle continu. En fin de saison, ces bêbêtes optent pour la stratégie de reproduction sexuée ovipare, dont les œufs passeront l’hiver dans la terre. Les œufs écloront au printemps. On l’aura compris c’est une vie de double confinement, sans espoir de dé-confinement, sauf pour quelques mâles privilégiés, comme d’hab !. Alors relativisons ce que nous subissons actuellement et temporairement. D’ailleurs, n’en doutons pas, le corona virus sera vaincu bientôt. Mais il en un qui demeure, et nous est bien familier ; le conard haut virus. Et celui-là est éternel.
Le p’tit moine des Charmieux.

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